Calques Merveilleux

L’architecture doit être empreinte de reflets. Loin de projeter des illusions visant simplement à éblouir, il s’agit plutôt d’animer l’architecture d’idées d’ensemble répondant à l’évolution de notre société.

Cette pratique de l’architecture implique une nécessaire prise de position sur des sujets aussi cruciaux et complexes que le développement durable, l’épuisement des ressources, la densité, la mixité programmatique, l’utilité sociale…

Il importe alors de proposer un contenu. Les réponses ne peuvent jamais être transposées d’ici à là-bas. Chaque projet doit reposer sur la compréhension des mécanismes en jeu et sur l’exploration large des cadres dans lesquels ils s’inscrivent.

Nous sommes convaincus qu’il n’y a pas de processus de conception créatif et productif sans une réflexion permanente sur le processus lui-même. Le point que nous adoptons n’est pas pour autant narcissique. Il vise à assurer justesse et cohérence à nos réponses.

Ces reflets dans nos projets, nous les recherchons encore sur papier calque. L’usage de ce papier est à l’agence une pratique essentielle à la création architecturale. L’informatique n’est pas laissée pour compte, mais nous attachons une grande attention à ce que l’ordinateur ne soit pas un « gant » pour la main, mais que celle-ci au contraire dirige résolument la puissance de la machine.

Superposer des calques nous permet de donner une épaisseur à nos dessins, autrement limités à deux dimensions. Le papier calque a une fâcheuse tendance à se dilater, et nos superpositions sont irrémédiablement imprécises. Les contours trop précis des dessins sortis des machines se teintent alors de trouble. Cette vision floutée est essentielle : elle nous plonge dans une rêverie émerveillée qui guide nos crayons sur le papier jusqu’à suspendre espaces et sens dans des latitudes non répertoriées pour les pénétrer d’émotions, de poésie et de couleurs.